Dans les industries graphiques, réduire son impact environnemental ne consiste pas seulement à choisir un papier recyclé ou à utiliser des encres présentées comme plus responsables. L’entreprise doit aussi organiser ses pratiques, les suivre et pouvoir les justifier. La marque Imprim’Vert® répond à cet enjeu avec un cadre adapté aux métiers de l’impression, du stockage des produits au suivi de l’énergie.
Une marque environnementale pensée pour les entreprises graphiques
Imprim’Vert® est une marque de reconnaissance environnementale destinée aux entreprises de la filière graphique. Elle vise à réduire les impacts liés aux activités d’impression grâce à des engagements concrets, vérifiables et applicables au fonctionnement quotidien d’un site.
Elle concerne notamment les imprimeries de labeur, les sérigraphes, les reprographes, les photograveurs et les professionnels de l’impression numérique grand format. La démarche est annoncée comme accessible aux entreprises graphiques de toute taille, implantées en France ou en Europe, sous réserve du respect des conditions d’éligibilité et du cahier des charges.
Une démarche plus solide qu’une simple déclaration écologique
Une démarche environnementale interne peut être utile, mais elle reste parfois difficile à expliquer à un client ou à un donneur d’ordre. Imprim’Vert® apporte un cadre commun avec un diagnostic, des critères d’attribution, des justificatifs et un suivi des engagements. L’entreprise ne se limite donc pas à afficher une intention : elle met en place des pratiques observables concernant les déchets, les produits dangereux, la sensibilisation et les consommations énergétiques.
La marque est gérée au niveau national par Amigraf, avec l’intervention des chambres consulaires et des Chambres de Métiers et de l’Artisanat pour l’accompagnement. Cette organisation harmonise les conditions d’attribution et permet aux petites structures d’être guidées dans une démarche qui peut sembler technique au départ.
Les 5 critères à préparer avant le diagnostic
Le cahier des charges repose sur cinq critères complémentaires. Ils répondent chacun à un risque concret pour l’environnement, la sécurité ou la traçabilité de l’activité. Les préparer en amont facilite le diagnostic et permet de réunir plus rapidement les preuves nécessaires.
| Critère | Objectif opérationnel | Éléments à réunir ou à vérifier |
|---|---|---|
| Déchets dangereux | Assurer une élimination conforme | Contrats de collecte, factures, bordereaux de suivi et exutoires identifiés |
| Liquides dangereux | Éviter les fuites et les pollutions accidentelles | Stockage sécurisé des produits neufs et usagés, avec rétention |
| Produits toxiques | Écarter les substances les plus préoccupantes | Vérification des produits utilisés et absence de produits étiquetés CMR |
| Sensibilisation | Faire vivre les bonnes pratiques | Information des salariés et communication auprès de la clientèle |
| Énergie | Mesurer les consommations du site | Relevés et suivi trimestriel des consommations énergétiques |
Déchets, exutoires et bordereaux : la traçabilité avant tout
Le premier critère porte sur l’élimination conforme des déchets dangereux. Pour une imprimerie, il ne suffit pas de séparer les déchets : il faut aussi savoir où ils sont envoyés. Un exutoire désigne la filière ou le prestataire qui reçoit et traite le déchet. Les contrats de collecte, les factures et les bordereaux de suivi permettent d’établir cette traçabilité.
Cette organisation peut se comparer à un registre de suivi : chaque mouvement doit pouvoir être retrouvé, vérifié et rapproché d’un justificatif. En pratique, le classement des documents par type de déchet, avec la date de collecte et le prestataire concerné, évite les recherches précipitées lors du diagnostic. Il permet aussi d’identifier les flux récurrents et les postes où une réduction à la source est possible.
Rétention et produits CMR : prévenir plutôt que corriger
Les produits liquides dangereux, neufs comme usagés, doivent être stockés de manière sécurisée. La mise en rétention consiste à placer les contenants dans un dispositif capable de retenir un éventuel écoulement. Elle limite ainsi le risque de contamination des sols ou d’atteinte au réseau d’eaux usées en cas de fuite.
Le cahier des charges demande également la non-utilisation de produits toxiques, notamment ceux étiquetés CMR, c’est-à-dire cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction. Un inventaire des produits employés et la vérification de leur étiquetage offrent un point de départ concret. Lorsqu’un produit pose problème, l’entreprise doit rechercher une solution de substitution compatible avec son procédé d’impression, sans compromettre la qualité de production.
Du diagnostic environnemental au dossier de candidature
La démarche s’organise en deux étapes : un diagnostic environnemental, puis l’attribution de la marque lorsque les critères sont respectés. L’accompagnement d’une CMA aide à transformer un objectif général en plan d’action adapté au site, à ses équipements et à son activité.
Le diagnostic identifie les écarts et les priorités
Le diagnostic examine la gestion des déchets, les exutoires, les eaux usées, le stockage des produits dangereux et le suivi énergétique. Il peut aussi intégrer la conformité administrative au regard de la législation des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement, ou ICPE, ainsi que des points de sécurité liés aux machines, à l’électricité et au risque incendie.
Son objectif n’est pas de sanctionner l’entreprise, mais de déterminer les actions à mener avant la constitution du dossier. Le rapport de diagnostic sert alors de feuille de route : installer une rétention, compléter des justificatifs de collecte, revoir un produit utilisé ou formaliser une action de sensibilisation.
Constituer un dossier lisible et cohérent
Un dossier solide rassemble les preuves correspondant aux cinq critères : documents relatifs aux déchets, éléments sur le stockage des liquides, vérification des produits, supports de sensibilisation et relevés de consommation. L’essentiel reste la cohérence entre les documents et la réalité du site. Une facture de collecte isolée ne remplace pas une organisation claire. De même, un relevé énergétique ponctuel ne démontre pas un suivi dans le temps.
Avant de déposer la demande, il est utile de classer les pièces par critère et de vérifier que les actions correctives prévues lors du diagnostic sont réalisées. Pour connaître l’interlocuteur compétent et les modalités applicables sur son territoire, l’entreprise peut se rapprocher de sa Chambre de Métiers et de l’Artisanat ou consulter le site officiel de la marque.
Faire de la marque un avantage commercial crédible
Imprim’Vert® sert d’abord à améliorer les pratiques environnementales d’une entreprise graphique. Elle fournit aussi un langage de preuve compréhensible pour les clients, les acheteurs et les donneurs d’ordre. Dans un cahier des charges privé ou un marché public, une marque dédiée au secteur rend l’engagement plus lisible.
- Rassurer les clients sur la gestion des déchets, des produits et des risques liés à la production ;
- Répondre plus clairement aux exigences environnementales des appels d’offres ;
- Mobiliser les équipes autour de consignes concrètes plutôt que d’objectifs abstraits ;
- Suivre les consommations énergétiques pour disposer de repères utiles au pilotage du site ;
- Gagner en visibilité grâce au référencement de l’entreprise sur le site Imprim’Vert®.
La communication doit rester fidèle aux pratiques réellement mises en œuvre. Il est plus pertinent d’expliquer que l’entreprise suit ses déchets dangereux, sécurise ses liquides et sensibilise ses équipes que de se limiter à une formule vague sur l’impression « verte ». La précision des engagements donne à la marque sa valeur auprès des clients et des partenaires.
Maintenir les engagements au quotidien
L’obtention de la marque n’est pas une ligne d’arrivée. Les habitudes qui ont permis de répondre aux critères doivent s’inscrire dans le fonctionnement courant : archivage des documents de collecte, contrôle des zones de stockage, mise à jour de l’inventaire des produits, information des nouveaux salariés et suivi trimestriel de l’énergie.
Cette continuité facilite le suivi des engagements et les démarches ultérieures. Elle évite surtout que le dossier environnemental ne devienne un classeur oublié. Une imprimerie qui intègre ces vérifications à ses routines de production construit une démarche plus fiable, plus sûre et plus facile à présenter à ses clients.


